Classements d’avocats : et si le vrai bénéfice n’était pas celui que vous croyez ?
Chaque année, c’est le même rituel.
Les résultats de Legal 500 tombent. LinkedIn s’embrase. Les cabinets classés pavoisent. Les autres se demandent s’ils devraient participer l’année prochaine.
Depuis plus de 10 ans que j’accompagne des cabinets d’avocats, notamment sur ces classements, j’entends toujours les mêmes questions :
« Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? »
« Faut-il payer pour être classé ? »
« Qu’est-ce que ça m’apporte concrètement ? »
Dans cet article, je partage mon expérience terrain avec des dizaines de cabinets d’avocats. Et surtout, je vous expose quels sont selon moi les vrais bénéfices de ces classements — ceux qui vont bien au-delà du simple fait d’être classé.
Avant de vous lancer : posez-vous la bonne question
Se faire référencer dans les classements internationaux (Chambers, Legal 500) demande du temps, de l’énergie, et un investissement régulier pendant plusieurs années.
C’est pourquoi, quand un client me contacte pour l’accompagner sur les classements, ma première question est toujours la même : « Pourquoi voulez-vous être classé ? »
Si votre réponse est « pour être reconnu » ou « parce que mes concurrents le sont »… je vous invite à y réfléchir à deux fois.
Par contre, si vous cochez une ou plusieurs de ces cases, alors oui, foncez :
👉 Vous êtes positionné sur une niche et travaillez sur des dossiers internationaux : cela vaut la peine d’y aller. A titre d’exemple, cette année, un de nos clients a été référencé dans Legal 500 dès sa première participation, dans la catégorie « data privacy & data protection ».
👉 Vos clients potentiels consultent ces classements — notamment les grands groupes et clients internationaux qui cherchent un cabinet en France : ne pas y être pourrait vous desservir.
👉 Vous vous êtes lancés depuis peu et avez besoin de crédibilité — un classement comme Décideurs peut constituer un élément de réassurance (à condition d’avoir suffisamment de dossiers à mettre en avant)
👉 Vous travaillez avec des clients privés — un palmarès « grand public » (Le Point, Le Figaro) peut les rassurer
Une autre question que vous pouvez vous poser est « Qu’est-ce que cela me coûte de ne PAS être classé ? »
Si la réponse est « des opportunités de dossiers », alors vous savez quoi faire.
En revanche, si vous êtes sur un secteur généraliste (droit social, droit public…), la concurrence est rude. Il y a beaucoup d’acteurs et intégrer un classement demande encore plus d’efforts. Parfois, il faut l’avouer, c’est peine perdue. Malgré des dossiers de candidature solides, plusieurs années de suite, un cabinet peut ne toujours pas être classé. Dès lors, au vu de l’énergie et du temps que cela demande, il m’arrive de conseiller à mes clients d’arrêter de consacrer du temps à ce sujet et de nous concentrer sur d’autres actions de communication.
Si vous êtes seul, pas la peine de vous épuiser : les classements ne référencent généralement pas les avocats solo (mis à part Best Lawyers).
Si vous n’avez pas de dossiers internationaux et travaillez principalement avec des PME, l’investissement temps/énergie risque de ne pas être rentable car malheureusement, les classements valorisent les références dans les grands groupes, mais pas les PME.
Panorama des classements : y voir clair
Il existe plusieurs types de classements. Voici un panorama (non exhaustif) pour vous aider à y voir plus clair.
Les classements qui référencent des cabinets
En France :
- Décideurs – Leadersleague
- Palmarès du Point
- Palmarès Le Figaro
- Palmarès du droit
À l’international :
- Legal 500
- Chambers
- Best Law Firm
Classements spécialisés (zones géographiques ou secteurs) – à titre d’exemple :
- Africa Business
- Option droit et affaires
- CFNews
Les classements qui référencent les avocats
- Best Lawyers
- À noter que Legal 500 et Chambers mettent également en lumière quelques avocats dans chaque catégorie
Faut-il payer pour être classé ?
Tous les classements vous le garantissent : participer est gratuit.
Par contre, tous vous proposent des forfaits payants pour :
- Utiliser leur logo si vous êtes classé
- Avoir une fiche descriptive de votre cabinet sur leur site et/ou dans leurs guides
- Être mis en avant à travers des articles d’expertise
- Obtenir le détail de votre classement et comprendre comment être mieux classé
Le ticket d’entrée est de plusieurs milliers d’euros.
La question que tous mes clients me posent : « Si je ne paie pas, est-ce que ça joue contre moi ? »
Après 10 ans d’accompagnement de plusieurs dizaines de cabinets, ma réponse est nuancée.
J’ai réussi à faire classer à leur juste niveau des cabinets sans qu’ils paient un centime.
Mais j’ai aussi constaté que certains cabinets – qui payent – apparaissent année après année en haut des classements, malgré un déclin avéré de leur pratique ou de la qualité de leur équipe sur le marché.
L’ensemble des classements vous assure que le fait de payer n’influera pas sur le résultat. Mon expérience ne me permet pas une réponse tranchée sur ce point.
Mon conseil : sauf si vous êtes un gros cabinet, ne payez pas.
Au vu des tarifs demandés, ces milliers d’euros peuvent être investis dans des actions avec un bien meilleur ROI. Le temps que vous consacrez à remplir les dossiers de candidature est déjà un investissement suffisant.
Les 3 vrais bénéfices (qui vont bien au-delà du classement)
Mon expérience me montre toujours la même chose : travailler sur ces classements est très bénéfique pour les cabinets d’avocats qui se livrent à l’exercice.
Et ces bénéfices vont bien au-delà des classements en eux-mêmes.
Bénéfice 1 : Faire le point sur qui vous êtes et ce qui vous différencie
Bien souvent, les cabinets que j’accompagne pour remplir leurs submissions sont le nez dans le guidon.
Le fait de devoir remplir les dossiers de candidature les oblige à prendre du recul sur leur activité, sur leurs concurrents, sur ce qui les distingue vraiment.
L’été dernier, j’ai accompagné un cabinet de 10 avocats sur leur première submission Legal 500. L’associé principal m’a dit en fin de process :
« Travailler sur notre submission Legal 500 a eu indéniablement un effet miroir très galvanisant. »
Exposer clairement son positionnement, ses engagements en matière de RSE, mettre en avant le parcours et les publications des associés, les retombées presse liées à certains dossiers… tout cela permet aux équipes de faire un arrêt sur image qu’elles ne prennent pas le temps de faire sinon.
Bien souvent, elles prennent conscience que ce qu’elles font depuis des années — les partenariats qu’elles ont pu nouer, le pro bono qu’elles effectuent — n’est absolument pas mis en avant, alors qu’il s’agit d’éléments importants dans l’identité du cabinet.
Bonus : après ce travail, nous disposons d’une matière précieuse pour mettre à jour le site web du cabinet, les profils LinkedIn des avocats, avec des éléments plus personnalisés et différenciants.
Bénéfice 2 : Renforcer la relation avec vos clients
Tous ces classements vous demandent des références client.
Cela vous oblige à faire une revue de portefeuille et à lister les clients « ambassadeurs » — c’est-à-dire ceux avec qui vous avez une relation suffisamment proche et de confiance pour leur demander de répondre aux sollicitations de ces classements.
La plupart du temps, mes clients sont réticents :
« J’ai peur qu’ils le prennent mal. »
« Je crains de les déranger. »
« Et s’ils refusent ? »
Mon expérience : avec un mail bien tourné ou, encore mieux, un appel pour leur demander leur accord, le taux de réponse positive est très élevé.
Et les retours des clients sont souvent très élogieux.
Un associé m’a confié récemment :
« J’ai été très ému de lire les témoignages clients repris par Legal 500. »
Je ne cesse de le dire : demander du feedback à ses clients est une mine d’or souvent sous-exploitée.
Cela permet non seulement de remplir son réservoir à reconnaissance, mais aussi de toucher du doigt ce qui, pour vos clients, est vraiment important et vous différencie.
L’avantage de ces classements, c’est qu’ils vous obligent à faire l’exercice.
Bonus : ces témoignages et feedbacks peuvent être repris comme des preuves sociales de réassurance sur les supports du cabinet (quitte à les anonymiser).
Dès lors que vous prenez le soin de prévenir vos clients à l’avance qu’ils vont être contactés par les classements, et de les tenir au courant lors de la sortie du classement (même si vous n’êtes pas classé), vous renforcez la relation partenariale avec eux.
À condition, bien sûr, de les solliciter à bon escient et avec parcimonie.
Bénéfice 3 : Nourrir votre communication tout au long de l’année
Lorsque vous êtes classé, c’est là que tout commence.
Comment capitaliser sur cette information, sans se contenter de faire un post LinkedIn comme tous les autres avocats classés ?
Premièrement, ce post, vous devez le faire.
Pour faire savoir à votre réseau que vous faites partie des avocats reconnus par des classements dont on peut douter de la façon de déterminer les lauréats, mais qui font quand même foi dans la profession.
Ensuite, allez plus loin :
📌 Mettez à jour votre site web — si vous n’en aviez pas, créez une rubrique « Distinctions »
📌 Mettez à jour votre profil LinkedIn et celui de votre cabinet
📌 Envoyez un mail personnalisé à vos clients et partenaires pour les informer et les remercier
📌 Mettez à jour vos présentations commerciales en mentionnant ces distinctions
Mais surtout, organisez-vous pour que le soufflé ne retombe pas :
Dans la prolongation de vos dossiers de candidature, conservez un gabarit de « cas client » que vous remplirez pour tous vos nouveaux dossiers.
Cela vous constituera une base précieuse pour rédiger et communiquer sur des cas clients anonymisés tout au long de l’année. Et vous gagnerez énormément de temps pour remplir votre prochaine submission.
Autres actions à mettre en place :
📌 Envoyez systématiquement un questionnaire de fin de mission à vos clients, pour continuer à recueillir du feedback
📌 Tenez à jour une liste de vos publications si vous publiez beaucoup, et mettez à jour la partie « Publications » de votre profil LinkedIn
Ces process simples vous permettront de nourrir votre communication tout au long de l’année, et pas seulement au moment des classements.
Pour conclure
Les classements de cabinets d’avocats ne sont pas une fin en soi.
Ce sont des outils pour :
- Faire le point sur votre positionnement
- Renforcer la relation avec vos clients
- Capitaliser sur votre expertise
Alors que plus que jamais, la concurrence est rude, les éléments de réassurance et le fait de rester présent à l’esprit de votre cible feront la différence.
Si vous décidez de vous lancer, faites-le avec une stratégie claire. Et surtout, ne vous contentez pas d’être classé : utilisez ce travail pour nourrir votre communication tout au long de l’année. Prenez les classements comme une occasion de structurer vos éléments de preuve sociale et de différenciation. Mettez en place des outils et process pour le faire régulièrement.
Sinon, cela risque de représenter beaucoup de temps et d’énergie pour peu de bénéfices.
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